Les tarifs de Trump rebattent les cartes de l’élection québécoise : la CAQ remonte, le PQ demeure en tête
AL HADATH – CANADA | Montréal
À quelques semaines des élections québécoises prévues le 5 octobre 2026, la carte politique de la province commence à se redessiner. La Coalition Avenir Québec (CAQ), dirigée par la première ministre Christine Fréchette, enregistre une remontée notable, tandis que le Parti québécois (PQ), mené par Paul St-Pierre Plamondon, conserve la première place.
Selon le plus récent sondage de Léger, publié le mardi 25 août, le PQ maintient 30 % des intentions de vote. De son côté, la CAQ gagne trois points et atteint 23 %, rejoignant ainsi le Parti libéral du Québec (PLQ), qui recule à 23 %.
Le Parti conservateur du Québec (PCQ), dirigé par Éric Duhaime, poursuit aussi sa progression et atteint 16 %, alors que Québec solidaire subit un net recul à 7 %.
Le sondage a été réalisé en ligne du 21 au 24 août auprès de 1 010 adultes québécois. Il montre également que seulement 53 % des électeurs ayant fait un choix disent que leur décision est définitive, ce qui signifie qu’une part importante de l’électorat pourrait encore changer d’avis pendant la campagne.
Trump s’invite dans la campagne québécoise
Le changement le plus marquant ne s’explique pas seulement par la dynamique interne entre les partis. Il est aussi lié à la crise économique et politique provoquée par la guerre commerciale avec les États-Unis et les tarifs imposés par l’administration de Donald Trump.
Christine Fréchette tente de se présenter comme la dirigeante la mieux placée pour protéger l’économie québécoise et gérer les relations avec Ottawa et Washington dans une période particulièrement délicate. Ses apparitions répétées aux côtés du premier ministre canadien Mark Carney, de même que l’importance des dossiers commerciaux et énergétiques, lui ont offert un nouvel espace politique. Cela a permis à la CAQ de regagner une partie des électeurs qui s’en étaient éloignés au cours des dernières années.
Selon cette lecture, Fréchette entre désormais en concurrence directe avec le PLQ pour occuper la place de principal choix fédéraliste face au PQ. Il s’agit d’une évolution importante, car la lutte ne se limite plus uniquement au duel entre péquistes et libéraux, comme cela semblait être le cas auparavant.
Donald Trump se retrouve donc, indirectement, au cœur de l’élection québécoise. Les inquiétudes entourant les tarifs douaniers, l’avenir des emplois, les investissements et le commerce avec les États-Unis pourraient pousser une partie des électeurs à privilégier la stabilité économique plutôt que les débats constitutionnels.
Le PQ en tête… mais la route vers le pouvoir reste incertaine
Malgré la remontée de la CAQ, le Parti québécois demeure en première position avec 30 %. La décision de son chef, Paul St-Pierre Plamondon, de reporter tout éventuel référendum sur l’indépendance à une période postérieure à l’ère Trump ne semble pas, pour l’instant, avoir affaibli sa base électorale.
Cependant, ce 30 % ne garantit nullement au PQ une majorité gouvernementale. Le système électoral québécois repose sur la répartition des voix dans chaque circonscription et non sur le pourcentage global seulement. De plus, le resserrement entre la CAQ et le PLQ, ainsi que la montée du PCQ, pourraient entraîner des courses très serrées dans des dizaines de circonscriptions.
C’est là que pourrait se trouver la grande surprise de cette élection : un parti pourrait terminer premier en nombre de voix, sans pour autant obtenir une majorité confortable à l’Assemblée nationale.
Éric Duhaime pourrait devenir un acteur déterminant
L’autre élément frappant de ce sondage est la montée des conservateurs à 16 %. Dans la région de la Capitale-Nationale en particulier, le parti d’Éric Duhaime se positionne comme un concurrent sérieux face au PQ et à la CAQ dans plusieurs circonscriptions.
Si cette tendance se maintient, le PCQ pourrait faire une entrée significative à l’Assemblée nationale et peser dans l’équilibre des forces, surtout si les élections débouchent sur un gouvernement minoritaire.
À l’inverse, la situation paraît plus difficile pour Québec solidaire, qui chute à 7 %. Quant au Parti libéral du Québec, il fait face à un autre défi : il n’est plus le seul parti capable de rallier l’électorat fédéraliste et les électeurs opposés au projet souverainiste.
Que peut-il se passer le 5 octobre ?
À l’approche du déclenchement officiel de la campagne, que plusieurs observateurs situent autour du 27 août, alors que le scrutin général est prévu pour le 5 octobre 2026, la scène politique québécoise semble dominée par trois grandes luttes parallèles.
Le PQ cherche à transformer son avance dans les sondages en victoire électorale réelle. La CAQ tente de convaincre les électeurs qu’elle s’est relancée sous la direction de Christine Fréchette. Les libéraux et les conservateurs, chacun à leur manière, essaient de modifier le rapport de force.
La campagne elle-même sera décisive, car une grande partie des électeurs n’a pas encore arrêté son choix de façon définitive. L’économie, le coût de la vie, la santé, l’immigration, les relations entre Québec et Ottawa, ainsi que la crise commerciale avec les États-Unis, feront partie des enjeux centraux.
Analyse d’AL HADATH – CANADA
Le nouveau sondage envoie un message politique clair : l’élection québécoise n’est pas jouée d’avance en faveur du Parti québécois.
Le PQ amorce la campagne en tête, ce qui représente un avantage réel. Toutefois, la progression de Christine Fréchette ramène la CAQ dans la course, tandis que la stabilité du PLQ à 23 % et la montée des conservateurs à 16 % empêchent tout parti de se croire déjà à l’abri.
La grande ironie de cette campagne pourrait bien être la suivante : Donald Trump, absent du Québec, devient malgré tout l’un des facteurs susceptibles d’influencer l’identité du prochain gouvernement québécois. Plus les inquiétudes économiques liées aux relations avec les États-Unis grandiront, plus les électeurs se poseront une question simple au moment de voter : qui est le mieux placé pour protéger l’économie du Québec dans une période d’incertitude ?
Entre le projet national du PQ, le discours de stabilité économique porté par Christine Fréchette, la tentative de relance des libéraux et l’ascension d’Éric Duhaime, l’élection du 5 octobre s’annonce comme l’une des plus ouvertes, imprévisibles et disputées des dernières années.
الحدث – كندا | مونتريال
قبل أسابيع قليلة من انتخابات كيبيك المقررة في 5 أكتوبر/تشرين الأول 2026، بدأت الخريطة السياسية للمقاطعة تتغير من جديد، مع صعود ملحوظ لحزب التحالف من أجل مستقبل كيبيك (CAQ) بزعامة رئيسة الحكومة كريستين فريشيت، فيما حافظ الحزب الكيبيكي (PQ) بزعامة بول سان بيار بلاموندون على المرتبة الأولى.
ويكشف أحدث استطلاع أجرته مؤسسة Léger ونُشرت نتائجه الثلاثاء 25 أغسطس، أن الـPQ يحافظ على 30% من نوايا التصويت، في وقت قفز فيه الـCAQ ثلاث نقاط ليصل إلى 23%، متعادلاً مع الحزب الليبرالي الكيبيكي PLQ الذي تراجع إلى 23%.
أما حزب المحافظين في كيبيك PCQ بزعامة إريك دوهيم، فواصل تقدمه ووصل إلى 16%، بينما تراجع Québec solidaire بصورة حادة إلى 7%.
الاستطلاع أُجري عبر الإنترنت بين 21 و24 أغسطس وشمل 1010 من سكان كيبيك البالغين. وتشير النتائج كذلك إلى أن 53% من الناخبين الذين حددوا اختيارهم يقولون إن قرارهم أصبح نهائياً، ما يعني أن نسبة كبيرة من الأصوات تبقى قابلة للتحول خلال الحملة الانتخابية.
ترامب يدخل الحملة الكيبيكية
التحول الأبرز لا يرتبط فقط بأداء الأحزاب داخل كيبيك، وإنما أيضاً بالأزمة الاقتصادية والسياسية التي فرضتها الحرب التجارية مع الولايات المتحدة ورسوم إدارة دونالد ترامب.
فريشيت تسعى إلى تقديم نفسها كقائدة قادرة على حماية الاقتصاد الكيبيكي وإدارة العلاقة مع أوتاوا وواشنطن في مرحلة شديدة الحساسية. وظهورها المتكرر إلى جانب رئيس الوزراء الكندي مارك كارني، إضافة إلى ملفات التجارة والطاقة، منحها مساحة سياسية جديدة سمحت للـCAQ باستعادة قسم من الناخبين الذين ابتعدوا عنه خلال السنوات الماضية.
ويرى جان مارك ليجيه أن فريشيت باتت تنافس الحزب الليبرالي على موقع البديل الفيدرالي للـPQ، وهو تطور مهم لأن المعركة لم تعد محصورة بين الحزب الكيبيكي والليبراليين كما بدا في مراحل سابقة.
وهكذا يجد ترامب نفسه، بطريقة غير مباشرة، حاضراً في قلب الانتخابات الكيبيكية: فالقلق من الرسوم الجمركية ومستقبل الوظائف والاستثمارات والتجارة مع الولايات المتحدة قد يدفع شريحة من الناخبين إلى إعطاء الأولوية للاستقرار الاقتصادي بدلاً من القضايا الدستورية.
PQ أولاً… لكن الطريق إلى الحكومة ليس محسوماً
على الرغم من صعود الـCAQ، يبقى بول سان بيار بلاموندون وحزبه في المقدمة عند 30%. ويبدو أن قرار زعيم الـPQ تأجيل أي استفتاء محتمل حول استقلال كيبيك إلى ما بعد مرحلة ترامب لم يؤد حتى الآن إلى تراجع واضح في قاعدته الانتخابية.
إلا أن نسبة 30% لا تمنح الـPQ ضمانة لتشكيل حكومة أكثرية. فالنظام الانتخابي الكيبيكي يقوم على توزيع الأصوات بحسب الدوائر، وليس على النسبة العامة وحدها، كما أن تقارب CAQ والليبراليين وصعود المحافظين قد يؤدي إلى سباقات شديدة التقارب في عشرات الدوائر.
وهنا تكمن المفاجأة المحتملة للانتخابات المقبلة: قد يفوز حزب بالمرتبة الأولى شعبياً من دون أن يحصل على أكثرية مريحة في الجمعية الوطنية.
إريك دوهيم قد يصبح رقماً صعباً
النتيجة الأخرى اللافتة هي وصول المحافظين إلى 16%. وفي منطقة العاصمة الوطنية تحديداً، يظهر حزب إريك دوهيم بمستوى يجعله منافساً جدياً للـPQ والـCAQ في عدد من الدوائر.
ويرى تحليل Léger أن استمرار هذا الاتجاه قد يسمح للمحافظين بدخول الجمعية الوطنية بقوة، وربما يجعلهم مؤثرين في ميزان القوى إذا انتهت الانتخابات بحكومة أقلية.
في المقابل، تبدو الصورة أكثر صعوبة بالنسبة إلى Québec solidaire الذي هبط إلى 7%، فيما يواجه الحزب الليبرالي تحدياً من نوع آخر: فهو لم يعد الحزب الوحيد القادر على تجميع الناخبين الفيدراليين والمعارضين لمشروع استقلال كيبيك.
ماذا يمكن أن يحدث في 5 أكتوبر؟
مع اقتراب الحملة الرسمية، التي تشير التقارير إلى احتمال انطلاقها في 27 أغسطس، فيما يؤكد Élections Québec أن موعد الاقتراع العام المقرر هو 5 أكتوبر 2026، يمكن اختصار المشهد بثلاث معارك متوازية: الـPQ يريد تحويل تقدمه في الاستطلاعات إلى حكومة، والـCAQ يحاول إقناع الناخبين بأنه تجدد تحت قيادة فريشيت، والليبراليون والمحافظون يقاتلون كل بطريقته لتغيير ميزان القوى.
الحملة نفسها ستكون حاسمة، لأن أعداداً كبيرة من الناخبين لم تغلق الباب أمام تغيير خيارها. الاقتصاد، تكلفة المعيشة، الصحة، الهجرة، علاقة كيبيك بأوتاوا، إضافة إلى الأزمة التجارية مع الولايات المتحدة، ستكون جميعها حاضرة في القرار النهائي.
تحليل «الحدث – كندا»
الاستطلاع الجديد يحمل رسالة سياسية واضحة: انتخابات كيبيك لم تعد محسومة مسبقاً لصالح الحزب الكيبيكي.
الـPQ يبدأ الحملة من المركز الأول، وهذه أفضلية مهمة، لكن صعود فريشيت أعاد الـCAQ إلى المباراة، فيما يمنع استمرار الليبراليين عند 23% وصعود المحافظين إلى 16% أي حزب من الاطمئنان.
وقد تكون المفارقة الأكبر أن دونالد ترامب، الموجود خارج كيبيك، يصبح أحد العوامل التي تحدد هوية الحكومة المقبلة داخلها. فكلما ازدادت المخاوف الاقتصادية من المواجهة مع الولايات المتحدة، ازدادت أهمية السؤال الذي سيطرحه الناخب على نفسه في صندوق الاقتراع: من يستطيع حماية اقتصاد كيبيك في مرحلة عدم اليقين؟
وبين مشروع الـPQ القومي، ورهان فريشيت على الاستقرار والإدارة الاقتصادية، ومحاولة الليبراليين استعادة موقعهم، وصعود يمين إريك دوهيم، تبدو انتخابات 5 أكتوبر مرشحة لأن تكون واحدة من أكثر انتخابات كيبيك تقلباً وصعوبة في التنبؤ بنتيجتها منذ سنوات.
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