ضهر البيدر: الرئاسة والقوات في مواجهة واحدة… والخلاف على الوسيلة لا يبرّر التشكيك بالهدف

Last Updated: أكتوبر 31, 2026Categories: أخبار لبنان

الحدث-كندا

رؤوف نجم 

قضية متفجرات ضهر البيدر أكبر من خلاف على جدول أعمال مجلس الوزراء، وأخطر من أن تتحول إلى مواجهة بين رئاسة الجمهورية والقوى السياسية التي تشاركها مشروع استعادة الدولة. فالمطلوب اليوم حماية المسار السيادي وتعزيزه، ومحاسبة المسؤولين عن انتهاك سلطة الدولة، من دون إضعاف المؤسسات التي يُفترض أن تتولى هذه المهمة.

من الخطأ التعامل مع موقف رئيس الجمهورية جوزاف عون بحذر مؤسسي، وموقف «القوات اللبنانية» بحزم سياسي، وكأنهما مشروعان متعارضان. فالرئاسة تتحمل مسؤولية إدارة الدولة والحفاظ على استقرار مؤسساتها، فيما تمارس «القوات» حقها وواجبها في المطالبة بتطبيق القرارات الحكومية، خصوصاً تلك المتعلقة بحصرية السلاح. وتباين الوسائل لا يلغي وحدة الهدف، ولا يمنح أحداً حق التشكيك في التزام الآخر بسيادة لبنان.

لقد دخل الرئيس جوزاف عون إلى الرئاسة حاملاً مسؤولية إعادة الاعتبار إلى الدولة ومؤسساتها، وهو يدرك، بحكم تجربته العسكرية ومسؤوليته الدستورية، حساسية الانتقال من واقع السلاح المتعدد إلى سلطة أمنية وعسكرية واحدة. ومن الظلم اختزال هذا التحدي الوطني بموقف من إحالة قضائية، مهما بلغت أهميتها. وفي الوقت نفسه، فإن إصرار «القوات اللبنانية» على إحالة قضية المتفجرات إلى المجلس العدلي يستند إلى خطورة ما جرى، وإلى ضرورة منع تحويل انتهاك قرارات الحكومة إلى ممارسة يمكن التساهل معها.

والتطور القضائي الأخير، المتمثل بادعاء مفوض الحكومة لدى المحكمة العسكرية على ثمانية أشخاص في قضية ضهر البيدر، يؤكد أن الملف دخل مرحلة جدية من الملاحقة. وهذا الإجراء يستحق الدعم والمتابعة، مع التشديد على استكمال التحقيقات والوصول إلى جميع المسؤولين، أياً تكن مواقعهم أو انتماءاتهم. أما الإحالة إلى المجلس العدلي، فيجب أن تبقى مطروحة بجدية وأن تُحسم وفق مقتضيات القضية والقانون، بعيداً عن المساومات السياسية والتأجيل المفتوح.

وهنا تبرز مسؤولية الجميع في حماية الجيش اللبناني. فالمؤسسة العسكرية التي ضبطت المتفجرات ووضعتها في عهدة السلطات المختصة تستحق الإسناد السياسي. والمحاسبة واجبة حيث تثبت المسؤولية، لكن تحميل قيادة الجيش مسبقاً تبعات التعقيدات السياسية أو الترويج لتغييرها استناداً إلى تسريبات غير مثبتة من شأنه إضعاف المؤسسة التي يُراد تسليمها وحدها مسؤولية الدفاع عن البلاد.

من حق «القوات اللبنانية» أن ترفع صوتها، وأن تستخدم الوسائل الدستورية والسياسية المتاحة للضغط باتجاه قرار واضح. ومن حق رئيس الجمهورية ورئيس الحكومة نواف سلام أن يتعاملا مع المسألة من موقع مسؤوليتهما عن سلامة المؤسسات واستمرار عملها. لكن اللبنانيين ينتظرون من هذه المواقع أن تجد طريقاً مشتركاً إلى القرار والتنفيذ، وأن تضع حداً لأي محاولة لاستغلال التباينات في مصلحة استمرار السلاح خارج الشرعية.

إن أخطر ما يمكن أن يحصل هو أن تتحول قضية ضبط متفجرات غير شرعية إلى معركة تستنزف الرئاسة والحكومة و«القوات اللبنانية»، فيما يستفيد أصحاب السلاح الخارج عن الدولة من انقسام القوى المطالبة بحصريته.

المطلوب من بعبدا أن تحسم، ومن الحكومة أن تنفذ، ومن «القوات» أن تواصل الضغط والمراقبة والمساءلة. فلكل موقع مسؤوليته، وتكامل هذه المسؤوليات هو الذي يعطي مشروع استعادة الدولة فرصته الحقيقية.

لقد دفع اللبنانيون ثمناً باهظاً للخلافات بين القوى التي ترفع شعار السيادة. واليوم، مع وجود رئيس للجمهورية وحكومة وقوى سياسية تتبنى حصرية السلاح، يصبح التفريط بهذه الفرصة خطأ سياسياً ووطنياً كبيراً.

والاختبار الحقيقي يبدأ من محاسبة كل من يتصرف وكأن قرار الأمن والحرب والسلم ملك له، ومن إثبات أن الجمهورية اللبنانية تمتلك الإرادة والمؤسسات الكفيلة بفرض سلطتها على الجميع.

Dahr el-Baïdar : la présidence et les Forces libanaises dans un même combat… Les divergences sur les moyens ne doivent pas remettre en cause l’objectif commun

L’affaire des explosifs de Dahr el-Baïdar dépasse largement un différend sur l’ordre du jour du Conseil des ministres. Elle est trop grave pour se transformer en confrontation entre la présidence de la République et les forces politiques qui partagent avec elle le projet de restauration de l’autorité de l’État. Il s’agit aujourd’hui de préserver et de consolider cette démarche souverainiste, tout en poursuivant les responsables de toute atteinte à l’autorité de l’État, sans affaiblir les institutions chargées de mener cette mission à bien.

Il serait erroné de considérer la prudence institutionnelle du président de la République, Joseph Aoun, et la fermeté politique des Forces libanaises comme deux démarches antagonistes. La présidence assume la responsabilité de diriger l’État et de préserver la stabilité de ses institutions, tandis que les Forces libanaises exercent leur droit et leur devoir de réclamer l’application des décisions gouvernementales, notamment celles relatives au monopole des armes par l’État. Les divergences sur les moyens ne remettent nullement en cause l’unité de l’objectif et n’autorisent personne à mettre en doute l’engagement de l’autre en faveur de la souveraineté du Liban.

Joseph Aoun a accédé à la présidence avec la responsabilité de rétablir l’autorité de l’État et de ses institutions. Fort de son expérience militaire et conscient de ses responsabilités constitutionnelles, il mesure toute la complexité du passage d’une situation caractérisée par la multiplicité des détenteurs d’armes à une autorité sécuritaire et militaire unique. Il serait injuste de réduire cet enjeu national à une prise de position sur une procédure de saisine judiciaire, aussi importante soit-elle. Parallèlement, l’insistance des Forces libanaises pour que l’affaire des explosifs soit déférée devant la Cour de justice repose sur la gravité des faits et sur la nécessité d’empêcher que la violation des décisions gouvernementales ne devienne une pratique tolérée.

Le dernier développement judiciaire, marqué par l’engagement de poursuites par le commissaire du gouvernement près le tribunal militaire contre huit personnes dans l’affaire de Dahr el-Baïdar, confirme que le dossier est entré dans une phase sérieuse de poursuites. Cette initiative mérite d’être soutenue et suivie attentivement, tout en insistant sur la nécessité de mener les investigations jusqu’à leur terme et d’identifier l’ensemble des responsables, quelles que soient leurs fonctions ou leurs appartenances. Quant au renvoi de l’affaire devant la Cour de justice, cette option doit demeurer sérieusement envisagée et faire l’objet d’une décision fondée sur les exigences du dossier et les dispositions légales, loin des marchandages politiques et des reports indéfinis.

C’est ici qu’apparaît la responsabilité collective de préserver l’armée libanaise. L’institution militaire, qui a saisi les explosifs et les a remis aux autorités compétentes, mérite le soutien de la classe politique. Les responsabilités doivent certes être établies et sanctionnées lorsqu’elles sont démontrées. Toutefois, imputer par avance au commandement de l’armée les conséquences des complications politiques, ou évoquer son remplacement sur la base de fuites non vérifiées, risquerait d’affaiblir précisément l’institution à laquelle on entend confier, à elle seule, la responsabilité de défendre le pays.

Les Forces libanaises sont en droit de hausser le ton et de recourir aux moyens constitutionnels et politiques disponibles pour obtenir une décision claire. De leur côté, le président de la République et le Premier ministre Nawaf Salam sont légitimement fondés à aborder cette question à partir de leurs responsabilités respectives, qui consistent à garantir la solidité des institutions et la continuité de leur fonctionnement. Mais les Libanais attendent de ces responsables qu’ils trouvent une voie commune vers la décision et son application, et qu’ils mettent fin à toute tentative d’exploiter leurs divergences au profit du maintien des armes en dehors de la légalité.

Le scénario le plus dangereux serait de voir une affaire de saisie d’explosifs illégaux se transformer en une bataille épuisant la présidence, le gouvernement et les Forces libanaises, tandis que les détenteurs d’armes échappant à l’autorité de l’État tireraient profit des divisions entre les forces qui réclament leur placement sous son autorité exclusive.

Il appartient à Baabda de trancher, au gouvernement d’exécuter les décisions et aux Forces libanaises de poursuivre leur action de pression, de surveillance et de reddition de comptes. Chaque institution et chaque acteur politique ont leurs responsabilités, et c’est leur complémentarité qui donnera au projet de restauration de l’autorité de l’État une véritable chance d’aboutir.

Les Libanais ont payé un prix exorbitant pour les dissensions entre les forces qui se réclament de la souveraineté nationale. Aujourd’hui, alors qu’un président de la République, un gouvernement et des forces politiques adhèrent au principe du monopole des armes par l’État, laisser échapper cette occasion constituerait une grave erreur politique et nationale.

Le véritable test commence par la mise en cause de tous ceux qui agissent comme si les décisions relatives à la sécurité, à la guerre et à la paix leur appartenaient, et par la démonstration que la République libanaise dispose de la volonté et des institutions nécessaires pour imposer son autorité à tous.

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