Dix ans de cinéma libanais au Canada : Montréal ouvre l’écran à la mémoire, à l’exil et à la création
Le Festival du film libanais au Canada célébrera sa 10e édition à Montréal du 30 mai au 10 juin 2026, avec une soirée d’ouverture placée sous le patronage du consul général du Liban à Montréal, S. E. M. Charbel Nemer. Une édition anniversaire qui dépasse le simple rendez-vous culturel : elle raconte dix ans de présence libanaise sur les écrans canadiens, entre mémoire, diaspora et création.
Montréal s’apprête à dérouler le tapis rouge pour une édition hautement symbolique du Festival du film libanais au Canada, qui célèbre cette année ses dix ans sous le slogan : « 10 ans. 2 pays. Un grand écran. » Du 30 mai au 10 juin 2026, le festival réunira cinéastes, artistes, invités et public autour d’une programmation consacrée au cinéma libanais et aux voix de la diaspora, dans deux lieux emblématiques de la vie culturelle montréalaise : le Cinéma du Musée et le Cinéma du Parc.
Pour cette 10e édition, le festival se présente comme bien plus qu’une vitrine cinématographique. Il s’agit d’un espace de rencontre entre le Liban et le Canada, entre ceux qui sont partis, ceux qui restent attachés au pays, et ceux qui découvrent à travers l’image une réalité libanaise complexe, sensible et profondément humaine. Fondé et développé par une équipe canado-libanaise, le festival s’est imposé au fil des ans comme une plateforme destinée à faire rayonner le cinéma libanais, mais aussi à créer un dialogue entre les artistes et le public.
La soirée d’ouverture aura lieu le samedi 30 mai 2026 au Cinéma du Musée, situé au 1379, rue Sherbrooke Ouest, à Montréal. Les portes ouvriront à 18h30, avant la cérémonie officielle prévue à 19h00. À 19h30, le public assistera à la projection du film d’ouverture, Un monde fragile et merveilleux, du réalisateur Cyril Aris, présenté en première québécoise et en présence du cinéaste. Un cocktail dînatoire suivra la projection à 21h15.
Le choix de ce film pour lancer l’édition anniversaire porte une forte charge symbolique. Un monde fragile et merveilleux suit l’histoire de Nino et Yasmina, deux amoureux d’enfance beyrouthins qui se retrouvent à l’âge adulte, sur fond de troubles politiques et d’effondrement social au Liban. Porté par Mounia Akl et Hassan Akil, le film inscrit l’intime dans l’histoire collective d’un pays où l’amour, le départ, l’attachement et l’incertitude se croisent sans cesse.
À travers ce film d’ouverture, le festival semble vouloir dire quelque chose de plus large : le Liban n’est pas seulement un lieu de crise ou de nostalgie, mais aussi un territoire de récits, de visages, de voix et de création. Le cinéma devient ici une manière de préserver ce qui risque de s’effacer, de transmettre ce que les mots seuls ne suffisent pas toujours à porter, et de rappeler qu’un pays blessé peut encore produire de la beauté.
Cette édition anniversaire est également marquée par une dimension solidaire. Selon l’invitation officielle, une partie des bénéfices sera allouée au soutien des étudiants en cinéma, un geste qui donne à l’événement une portée tournée vers l’avenir. Il ne s’agit pas seulement de célébrer dix ans de parcours, mais aussi d’encourager une nouvelle génération de créateurs capables de raconter le Liban autrement, depuis Beyrouth, Montréal ou ailleurs.
Dans une ville comme Montréal, où la communauté libanaise occupe une place importante dans le paysage social, culturel et économique, le Festival du film libanais au Canada prend une résonance particulière. Il devient un pont entre deux appartenances, deux mémoires, deux horizons. Le public libanais y retrouve des fragments de son histoire; le public canadien y découvre un Liban multiple, traversé par les épreuves, mais toujours vivant dans sa créativité.
Sous le patronage de S. E. M. Charbel Nemer, consul général du Liban à Montréal, cette 10e édition s’annonce comme un moment de reconnaissance pour un festival qui a su durer, grandir et rassembler. Dix ans après ses débuts, le Festival du film libanais au Canada confirme que l’écran peut devenir un lieu de mémoire, de dialogue et d’espérance. Et à Montréal, cette année, le cinéma libanais ne vient pas seulement raconter un pays : il vient rappeler que ce pays continue d’habiter ceux qui l’aiment, même à des milliers de kilomètres.
Raouf Najm
www.alhadath.ca
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