Québec 2026 : une campagne électorale où presque tout peut encore basculer
À quelques heures du déclenchement officiel des élections québécoises, une chose paraît déjà certaine : la campagne qui mènera les Québécois aux urnes le 5 octobre prochain ne ressemblera probablement pas à une simple marche vers un résultat déjà écrit.
Le journaliste et analyste politique Paul Larocque, qui couvre les campagnes électorales québécoises depuis les années 1980, estime même que celle de 2026 pourrait être « la plus imprévisible de l’histoire récente du Québec ». Retraits de candidats, désistements, remontées soudaines dans les sondages et changements rapides dans l’opinion publique donnent déjà le ton d’une bataille qui pourrait réserver plusieurs surprises au cours des prochaines semaines.
La campagne doit officiellement débuter jeudi 27 août, lorsque la première ministre Christine Fréchette demandera à la lieutenante-gouverneure, Manon Jeannotte, de dissoudre l’Assemblée nationale. Les Québécois entreront alors dans une campagne de 39 jours, jusqu’au scrutin du lundi 5 octobre. Pour la première fois, 127 députés seront élus à l’Assemblée nationale, contre 125 auparavant.
Le PQ devant, sans être à l’abri
Le Parti Québécois de Paul St-Pierre Plamondon commence la campagne en première position. Le plus récent sondage Léger lui accorde 30 % des intentions de vote.
Mais derrière lui, la bataille s’est resserrée de façon significative. La Coalition Avenir Québec de Christine Fréchette a progressé pour atteindre 23 %, rejoignant ainsi le Parti libéral du Québec de Charles Milliard, également à 23 %. Le Parti conservateur d’Éric Duhaime atteint pour sa part 16 %, alors que Québec solidaire se retrouve à 7 %.
Cette photographie électorale explique en grande partie pourquoi la campagne paraît aussi difficile à prévoir.
Le PQ dispose d’une avance réelle, mais il ne domine pas suffisamment le vote populaire pour considérer la victoire comme acquise. Derrière lui, deux formations se disputent pratiquement le même espace : une CAQ qui semble retrouver une partie de son électorat et un Parti libéral qui espère profiter de la campagne pour mieux faire connaître son nouveau chef.
Même les conservateurs d’Éric Duhaime, avec 16 %, atteignent un niveau qui pourrait avoir un impact important dans plusieurs circonscriptions, notamment dans la région de Québec.
Près de la moitié des choix ne sont pas encore définitifs
Un autre élément rend cette élection particulièrement intéressante.
Selon Léger, 53 % des électeurs ayant exprimé un choix affirment que leur décision est définitive. Cela signifie qu’une proportion importante de l’électorat demeure encore susceptible de changer d’avis.
Les seconds choix sont également très dispersés : aucun parti ne semble bénéficier d’un vaste réservoir naturel d’électeurs prêts à se déplacer massivement vers lui. Léger constate ainsi que l’élection demeure ouverte et que plusieurs formations pourraient encore profiter d’un mouvement de l’opinion publique pendant la campagne.
Dans ce contexte, les débats télévisés, les performances des chefs, une mauvaise déclaration, une controverse autour d’un candidat ou un événement économique important peuvent soudainement changer la dynamique.
Plusieurs Québec électoraux
Les chiffres provinciaux cachent aussi des réalités très différentes selon les régions et les groupes linguistiques.
Chez les électeurs francophones, le PQ conserve une avance importante avec 38 %, devant la CAQ à 26 %. Le Parti conservateur atteint 15 %, tandis que le PLQ obtient 14 %.
Dans le Grand Montréal, le portrait est presque inversé : les libéraux arrivent en tête avec 34 %, devant le PQ. Dans la région métropolitaine de Québec, le PQ et les conservateurs se retrouvent beaucoup plus près l’un de l’autre. Hors des grands centres, la CAQ demeure également compétitive.
Cela signifie qu’une variation relativement modeste du vote provincial pourrait entraîner des changements beaucoup plus importants dans le nombre de députés élus.
Une élection ne se gagne pas uniquement avec un pourcentage national : elle se gagne circonscription par circonscription.
La campagne des chefs
Les prochaines semaines constitueront également un test important pour les dirigeants des différentes formations.
Paul St-Pierre Plamondon devra protéger son statut de favori tout en évitant que la question souverainiste ne permette à ses adversaires de déplacer le débat.
Christine Fréchette, de son côté, doit démontrer que la récente remontée de la CAQ constitue une véritable tendance et non un simple mouvement temporaire dans les sondages.
Pour Charles Milliard, l’enjeu est différent. Le chef libéral doit profiter de la campagne pour se présenter davantage aux Québécois et convaincre au-delà des bastions traditionnels de son parti. Il a déjà indiqué vouloir mener une campagne très présente sur le terrain et mettre de l’avant son expérience économique et entrepreneuriale.
Éric Duhaime tentera quant à lui de transformer les 16 % actuellement accordés aux conservateurs en gains réels de circonscriptions, tandis que Québec solidaire devra rapidement stopper son recul et retrouver l’électorat qui s’est éloigné du parti au cours des dernières semaines.
Une campagne dominée aussi par l’économie
À ces calculs politiques s’ajoute un contexte économique inhabituel.
La campagne se déroulera sur fond de tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis, un dossier susceptible d’avoir des conséquences sur l’emploi, les entreprises québécoises et les finances publiques.
Santé, éducation, coût de la vie, logement, immigration et finances publiques devraient également revenir constamment dans le débat.
Mais au-delà des programmes, cette campagne pourrait surtout devenir une bataille de confiance envers les chefs.
Le PQ part avec une longueur d’avance. La CAQ revient dans la course. Les libéraux demeurent bien positionnés, particulièrement à Montréal. Les conservateurs atteignent un niveau qui ne peut plus être ignoré.
Et une partie suffisamment importante de l’électorat n’a pas encore verrouillé son choix.
C’est précisément ce mélange qui rend le scrutin du 5 octobre 2026 si difficile à prévoir.
À l’ouverture de la campagne, le favori est connu. Le vainqueur, lui, ne l’est pas encore.
كيبيك 2026: حملة انتخابية يمكن أن ينقلب فيها كل شيء تقريباً
الحدث – كندا
قبل ساعات قليلة من الانطلاق الرسمي للانتخابات في كيبيك، يبدو أمر واحد مؤكداً منذ الآن: الحملة التي ستقود سكان كيبيك إلى صناديق الاقتراع في 5 أكتوبر المقبل لن تكون على الأرجح مجرد مسيرة نحو نتيجة مكتوبة سلفاً.
فالصحافي والمحلل السياسي بول لاروك، الذي يغطي الحملات الانتخابية في كيبيك منذ ثمانينيات القرن الماضي، يرى حتى أن حملة 2026 قد تكون «الأكثر صعوبة في التنبؤ في تاريخ كيبيك الحديث». انسحابات المرشحين، والتراجعات، والارتفاعات المفاجئة في استطلاعات الرأي، والتغيرات السريعة في الرأي العام، كلها تعطي منذ الآن نبرة لمعركة قد تحمل العديد من المفاجآت خلال الأسابيع المقبلة.
ومن المقرر أن تبدأ الحملة رسمياً يوم الخميس 27 أغسطس، عندما تطلب رئيسة الوزراء كريستين فريشيت من نائبة الحاكم، مانون جانوت، حل الجمعية الوطنية. وسيدخل سكان كيبيك عندها في حملة تستمر 39 يوماً، حتى موعد الاقتراع يوم الاثنين 5 أكتوبر. وللمرة الأولى، سيتم انتخاب 127 نائباً في الجمعية الوطنية، مقابل 125 نائباً في السابق.
الحزب الكيبيكي في الصدارة، من دون أن يكون بمنأى عن الخطر
يبدأ الحزب الكيبيكي بقيادة بول سان بيار بلاموندون الحملة في المركز الأول. ويمنحه أحدث استطلاع ليجيه 30% من نوايا التصويت.
لكن خلفه، أصبحت المعركة أكثر تقارباً بشكل ملحوظ. فقد تقدّم ائتلاف مستقبل كيبيك بقيادة كريستين فريشيت ليصل إلى 23%، معادلاً بذلك الحزب الليبرالي في كيبيك بقيادة شارل مييار، الذي حصل هو أيضاً على 23%. أما الحزب المحافظ بقيادة إريك دوهيم فيصل إلى 16%، فيما يجد كيبيك سوليدير نفسه عند 7%.
وهذه الصورة الانتخابية تفسّر إلى حد كبير لماذا تبدو الحملة صعبة التوقع إلى هذا الحد.
يملك الحزب الكيبيكي تقدماً فعلياً، لكنه لا يهيمن على التصويت الشعبي بما يكفي لاعتبار الفوز أمراً محسوماً. وخلفه، يتنافس حزبان على المساحة نفسها تقريباً: ائتلاف مستقبل كيبيك الذي يبدو أنه يستعيد جزءاً من ناخبيه، وحزب ليبرالي يأمل في الاستفادة من الحملة لتعريف سكان كيبيك أكثر بزعيمه الجديد.
حتى المحافظون بقيادة إريك دوهيم، مع 16%، يصلون إلى مستوى قد تكون له تداعيات مهمة في عدد من الدوائر، ولا سيما في منطقة كيبيك.
قرابة نصف الخيارات لم تُحسم نهائياً بعد
هناك عنصر آخر يجعل هذه الانتخابات مثيرة للاهتمام بشكل خاص.
وفقاً لليجيه، فإن 53% من الناخبين الذين عبّروا عن خيار يقولون إن قرارهم نهائي. وهذا يعني أن نسبة مهمة من الناخبين لا تزال قابلة لتغيير رأيها.
كما أن الخيارات الثانية موزعة بشكل كبير: فلا يبدو أن أي حزب يستفيد من خزان طبيعي واسع من الناخبين المستعدين للانتقال إليه بشكل جماعي. ويلاحظ ليجيه بالتالي أن الانتخابات لا تزال مفتوحة وأن عدة أحزاب يمكن أن تستفيد بعد من تحول في الرأي العام خلال الحملة.
وفي هذا السياق، يمكن للمناظرات التلفزيونية، وأداء الزعماء، أو تصريح سيئ، أو جدل حول أحد المرشحين، أو حدث اقتصادي مهم أن يغيّر دينامية الحملة فجأة.
عدة كيبيكات انتخابية
تخفي الأرقام على مستوى المقاطعة أيضاً واقعاً مختلفاً جداً بحسب المناطق والمجموعات اللغوية.
بين الناخبين الفرنكوفونيين، يحافظ الحزب الكيبيكي على تقدم كبير مع 38%، أمام ائتلاف مستقبل كيبيك عند 26%. ويصل الحزب المحافظ إلى 15%، فيما يحصل الحزب الليبرالي في كيبيك على 14%.
أما في مونتريال الكبرى، فالصورة تكاد تكون معكوسة: الليبراليون يحتلون المركز الأول مع 34%، أمام الحزب الكيبيكي. وفي منطقة كيبيك الحضرية، يجد الحزب الكيبيكي والمحافظون أنفسهم أقرب بكثير من بعضهما البعض. وخارج المراكز الكبرى، يبقى ائتلاف مستقبل كيبيك أيضاً منافساً.
وهذا يعني أن تغيراً محدوداً نسبياً في التصويت على مستوى المقاطعة قد يؤدي إلى تغييرات أكبر بكثير في عدد النواب المنتخبين.
فالانتخابات لا تُربح فقط بنسبة وطنية: بل تُربح دائرة بدائرة.
حملة الزعماء
ستشكل الأسابيع المقبلة أيضاً اختباراً مهماً لقادة الأحزاب المختلفة.
سيتعين على بول سان بيار بلاموندون حماية موقعه كمرشح متقدم، مع تجنب أن تسمح مسألة السيادة لخصومه بتحويل مسار النقاش.
أما كريستين فريشيت، فعليها أن تثبت أن الصعود الأخير لائتلاف مستقبل كيبيك يشكل توجهاً حقيقياً وليس مجرد حركة مؤقتة في استطلاعات الرأي.
بالنسبة إلى شارل مييار، فإن الرهان مختلف. على الزعيم الليبرالي أن يستفيد من الحملة ليعرّف بنفسه أكثر لدى سكان كيبيك وأن يقنع خارج المعاقل التقليدية لحزبه. وقد أشار بالفعل إلى رغبته في خوض حملة شديدة الحضور على الأرض وإبراز خبرته الاقتصادية وريادة الأعمال.
أما إريك دوهيم، فسيسعى إلى تحويل نسبة الـ16% التي يحصل عليها المحافظون حالياً إلى مكاسب فعلية في الدوائر، فيما سيتعين على كيبيك سوليدير وقف تراجعه بسرعة واستعادة الناخبين الذين ابتعدوا عن الحزب خلال الأسابيع الأخيرة.
حملة تهيمن عليها أيضاً المسائل الاقتصادية
تُضاف إلى هذه الحسابات السياسية ظروف اقتصادية غير اعتيادية.
فالحملة ستجري على خلفية توترات تجارية بين كندا والولايات المتحدة، وهو ملف قد تكون له تداعيات على الوظائف، والشركات في كيبيك، والمالية العامة.
كما يُتوقع أن تعود قضايا الصحة، والتعليم، وكلفة المعيشة، والسكن، والهجرة، والمالية العامة باستمرار إلى صلب النقاش.
لكن أبعد من البرامج، قد تتحول هذه الحملة خصوصاً إلى معركة ثقة بالزعماء.
الحزب الكيبيكي ينطلق بأفضلية. ائتلاف مستقبل كيبيك يعود إلى السباق. الليبراليون لا يزالون في موقع جيد، خصوصاً في مونتريال. والمحافظون يصلون إلى مستوى لم يعد من الممكن تجاهله.
وجزء مهم بما يكفي من الناخبين لم يحسم خياره بعد.
وهذا المزيج بالتحديد هو ما يجعل اقتراع 5 أكتوبر 2026 صعب التوقع إلى هذا الحد.
عند افتتاح الحملة، المرشح المتقدم معروف. أما الفائز، فلم يُعرف بعد.
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