Arzy : quand les jeunes Forces libanaises de Montréal parlent à leur génération

Last Updated: أغسطس 9, 2026Categories: أخبار كندا, مؤسسات الجالية

Équipe de la rédaction

Collaboration spéciale Halim Karam

À l’occasion de la préparation de la 8e convention annuelle des Forces libanaises à Montréal, le comité jeunesse Arzy a réalisé une vidéo promotionnelle pensée pour rejoindre une nouvelle génération de Libano-Canadiens. Derrière cette réalisation, Yvan Achram, président du comité Arzy, explique une démarche qui dépasse la simple promotion d’un événement : créer un langage capable de rapprocher les jeunes de leurs racines tout en leur donnant une place dans l’avenir.

Halim Karam et Yvan ashram

La vidéo se voulait au départ un outil de promotion. Elle est rapidement devenue, pour les jeunes qui l’ont conçue, l’occasion d’apporter leur propre regard et leur propre sensibilité à un message destiné à la communauté libanaise de Montréal.

Yvan Achram, président du comité Arzy, raconte que le chapitre des Forces libanaises de Montréal avait confié aux jeunes la mission de préparer cette vidéo. Avec Maya Chahwan, coordonnatrice du groupe, ils ont alors commencé à réfléchir au scénario et surtout à la manière de toucher un public qui ne réagit plus nécessairement aux formes traditionnelles de communication politique ou communautaire.

« Nous voulions atteindre le plus de jeunes possible », explique Yvan Achram.

À partir du contenu proposé par le chapitre de Montréal, l’équipe a donc choisi d’ajouter ce qu’Yvan appelle « notre propre touche de jeunesse ». L’objectif était de conserver le message initial tout en l’adaptant au rythme, aux codes visuels et à la sensibilité d’une génération née ou ayant grandi en grande partie au Canada.

Cette volonté de créer un pont entre deux univers se retrouve jusque dans le nom du groupe.

Arzy fait directement référence au cèdre, symbole profondément associé au Liban. « Arz » renvoie ainsi aux racines libanaises, tandis que le « Y » évoque le mot anglais Youth. Le nom résume en quelque sorte l’identité que le groupe souhaite porter : des jeunes de Montréal pleinement ancrés dans leur société canadienne, mais qui continuent à entretenir un lien avec le Liban et son avenir.

Pour Yvan Achram, cette appartenance ne doit toutefois pas rester uniquement sentimentale ou nostalgique. Elle doit pouvoir se traduire par une participation concrète.

« Nous sommes extrêmement heureux et motivés de pouvoir avoir un impact, ne serait-ce qu’un petit impact, de l’autre côté du globe », souligne-t-il.

Une phrase qui traduit probablement l’un des principaux défis auxquels sont confrontées les organisations libanaises de la diaspora : comment maintenir l’intérêt des nouvelles générations pour un pays qu’elles connaissent parfois surtout à travers leurs parents, leurs familles, leurs vacances ou les récits transmis à la maison?

Pour le comité Arzy, la réponse passe notamment par une nouvelle manière de communiquer.

Les réseaux sociaux, la vidéo, le langage visuel et les formats courts deviennent ainsi des moyens de créer ce lien autrement. Ils permettent de parler du Liban sans simplement reproduire les formes de mobilisation des générations précédentes.

Mais derrière cette modernisation de la communication demeure une idée plus profonde : celle de l’héritage.

Yvan Achram insiste sur le fait que le mouvement auquel ces jeunes participent représente pour eux une partie de cet héritage, mais aussi une volonté d’agir pour « un meilleur Liban et une meilleure nation ».

Pour des jeunes vivant à plusieurs milliers de kilomètres de Beyrouth, l’engagement prend évidemment une forme différente. Il se déroule à Montréal, dans les activités communautaires, dans les rencontres, dans la transmission culturelle et désormais dans cette capacité à produire leurs propres messages et à parler directement aux jeunes de leur génération.

La vidéo réalisée par Yvan Achram et l’équipe Arzy illustre ainsi une évolution que connaissent plusieurs organisations de la diaspora libanaise au Canada : la relève ne veut plus seulement assister aux activités organisées par les générations précédentes. Elle veut également participer à leur conception, créer, proposer et imprimer sa propre identité.

Et c’est peut-être là que réside la dimension la plus intéressante de cette initiative.

Au-delà d’une vidéo promotionnelle, Arzy cherche à répondre à une question essentielle pour l’avenir de toute communauté issue de l’immigration : comment transmettre des racines sans enfermer les jeunes dans le passé?

À Montréal, ces jeunes semblent avoir choisi leur réponse : conserver le cèdre, mais lui donner leur propre langage.

AlHadath Canada

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