Une marche à poursuivre 44 ans après son assassinat

Last Updated: سبتمبر 13, 2026Categories: Uncategorized, أخبار لبنان

 44 ans après l’assassinat de Bachir Gemayel, une marche qui reste à poursuivre

Par Raouf Najm

AlHadath Canada

Quarante-quatre ans après l’assassinat du président élu Bachir Gemayel, la place Sassine, à Achrafieh, s’est retrouvée au cœur de l’actualité politique libanaise, dimanche soir 13 septembre. Cette année, la commémoration ne s’est pas limitée à raviver les images d’une époque révolue. À travers les discours et les prises de position qui l’ont accompagnée, elle s’est transformée en une interrogation sur l’État que Bachir Gemayel voulait construire et sur la distance qui sépare encore le Liban de cet objectif.

Le rassemblement organisé à Achrafieh a réuni la famille du président assassiné, des responsables politiques, des ministres, des députés, des diplomates et de nombreuses personnalités. Parmi eux figuraient notamment le député Nadim Gemayel, Youmna Bachir Gemayel Zakkar et le président du parti Kataëb, le député Sami Gemayel, tandis que le député Ghassan Hasbani représentait le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.

En parallèle du rassemblement de Sassine, le président de la République Joseph Aoun a inscrit cette commémoration dans la perspective de l’État. Il a évoqué Bachir Gemayel comme un symbole de foi dans le Liban, dans sa souveraineté et dans sa liberté, reliant la superficie des 10 452 kilomètres carrés à l’unité du territoire et de la population. Il a renouvelé son engagement en faveur de la construction d’un « État fort et juste », capable d’exercer sa souveraineté sur l’ensemble du territoire libanais, de préserver l’indépendance de sa décision et de protéger la dignité de ses citoyens.

Le Premier ministre Nawaf Salam a choisi une autre approche. Il a rappelé que, quelle que soit son intensité, le désaccord politique ne saurait jamais justifier l’assassinat politique, qu’il soit commis à l’aide d’un attentat à l’explosif ou d’une arme munie d’un silencieux.

La position de Nawaf Salam replace ainsi l’assassinat de Bachir Gemayel dans une règle fondamentale qui dépasse les divergences autour de son parcours politique : la politique doit rester à l’intérieur des institutions, et l’assassinat ne peut devenir un moyen de changer le pouvoir ou d’éliminer un adversaire.

Youmna Gemayel : libérer Bachir en réalisant son projet

L’intervention qui a sans doute le plus directement lié l’émotion de la commémoration à son message politique fut celle de Youmna Bachir Gemayel Zakkar.

Quarante-quatre ans après l’assassinat de son père, elle a affirmé que son projet n’était pas celui d’un homme, mais celui d’un pays. Elle a ainsi appelé les Libanais à faire sortir Bachir du cadre de la mémoire et de l’image.

Sa phrase la plus marquante fut sans doute :

« Bachir trouvera le repos lorsque son projet sera réalisé. »

Elle a appelé à combler le vide qu’il a laissé, estimant que le Liban attend encore la concrétisation de la promesse de patrie, de citoyenneté et de dignité portée par son projet.

Nadim Gemayel : les paroles ne suffisent plus, la question est de savoir ce que nous avons accompli

Le député Nadim Gemayel a, pour sa part, ramené directement le débat de la mémoire vers le présent.

À ses yeux, les slogans et les beaux discours ne suffisent plus. La vraie question est désormais de savoir ce qui a effectivement été réalisé.

Il a insisté sur la responsabilité de l’État libanais dans l’exercice de son autorité et dans l’application de ses décisions, plaçant la question des armes illégales sous la responsabilité directe de l’État.

Il a également réaffirmé sa confiance dans l’armée libanaise, considérée comme l’institution légitime qui doit être seule habilitée à porter les armes et à défendre le pays.

Nadim Gemayel a aussi repris le symbole des 10 452 kilomètres carrés, non seulement comme une référence géographique, mais comme l’expression de la liberté, de la dignité, de l’égalité, de la justice, de la souveraineté, de l’économie libre et d’un État libre.

Sur le plan de la politique étrangère, il a insisté sur la priorité absolue de l’intérêt libanais et rejeté l’idée de rattacher le Liban à un quelconque axe régional.

Il a également estimé que la paix, lorsqu’elle sert les intérêts du Liban et protège son territoire et sa population, ne signifie pas la capitulation.

Sa conclusion rejoint l’essentiel de son message : les décennies écoulées depuis 1982 ont, selon lui, confirmé la nécessité du choix défendu par Bachir Gemayel, celui d’un État véritable, uni, fort et capable d’exercer son autorité.

Sami Gemayel : le même projet face à l’épreuve de l’exécution

Sami Gemayel, présent au rassemblement de la place Sassine, n’a pas prononcé, selon le programme publié, le discours central de la cérémonie.

Mais la position du parti Kataëb, qu’il préside, avait déjà défini quelques jours auparavant le sens de la participation à cette commémoration : l’attachement à un Liban libre et souverain et à un « État capable », qui détient seul les armes et la décision nationale et qui rassemble les Libanais autour des institutions et de la légitimité, loin des guerres, des tutelles et des divisions.

C’est dans cette logique que s’inscrit une question régulièrement posée par Sami Gemayel ces dernières semaines : quelle valeur peuvent avoir les décisions relatives au monopole des armes par l’État si elles restent cantonnées au Conseil des ministres et aux déclarations officielles sans être effectivement appliquées sur le terrain ?

Geagea : une République forte qui reste à achever

Le chef des Forces libanaises, Samir Geagea, représenté à Sassine par le député Ghassan Hasbani, avait lui aussi établi quelques jours plus tôt un lien entre la mémoire de Bachir Gemayel et la construction de l’État.

Lors de la commémoration des martyrs de la « Résistance libanaise », il avait présenté Bachir comme le fondateur d’un projet de République forte qui n’a jamais pu être mené à terme après son assassinat.

À ses yeux, le chemin doit aujourd’hui conduire à la réalisation de cette République à travers l’État et les institutions.

Deux jours avant la cérémonie de Sassine, Nadim Gemayel avait d’ailleurs rencontré Samir Geagea à Meerab. À l’issue de cette rencontre, il avait estimé que le courant qui avait rapproché les Forces libanaises et les Kataëb autour du projet de Bachir Gemayel continuait, malgré les divergences politiques qui ont parfois marqué les relations entre les deux partis, de poursuivre un même objectif : parvenir à un État capable d’exercer pleinement sa souveraineté et sa décision.

Makram Rabah : être fidèle à Bachir ne signifie pas le sacraliser

Parmi les interventions prononcées à Sassine, celle du chercheur Makram Rabah a apporté l’une des approches les plus différentes et les plus directes.

Il n’a pas abordé Bachir Gemayel sous un angle strictement partisan ni dans une logique de glorification du passé.

Selon lui, être fidèle à Bachir ne consiste pas à en faire une icône figée, mais à comprendre son projet et à le faire évoluer vers un projet national libanais susceptible de rassembler l’ensemble du pays.

Il a insisté sur le passage d’une logique de la force armée à celle de la légitimité, résumant l’idée par une formule claire : ce qui compte n’est pas le fusil, mais l’État.

Makram Rabah a aussi reconnu que les Libanais ne partagent ni une lecture unique de Bachir Gemayel ni une seule interprétation de la guerre, chaque communauté portant sa propre mémoire et ses propres blessures.

Mais, selon lui, les divergences autour du passé ne doivent pas empêcher l’accord sur l’avenir : il ne peut y avoir deux armées, deux décisions en matière de guerre et de paix, ni un parti placé au-dessus de l’État. L’armée libanaise doit être la seule force militaire légitime, et l’État doit être seul habilité à décider de la guerre et de la paix.

D’où sa question essentielle : plutôt que de se demander ce que Bachir aurait fait s’il était encore parmi nous, il faut désormais se demander ce que nous allons faire, nous, aujourd’hui.

De Saleh Machnouk à Racha Mohsen Slim

Saleh Machnouk est allé dans le même sens, en abordant la question sous l’angle de la souveraineté.

Il a considéré que la souveraineté du Liban ne peut être fragmentée et que le slogan « Le Liban d’abord » doit signifier qu’aucun Libanais ne mène les guerres des autres sur son territoire et que la décision de guerre et de paix appartient à l’État.

Racha Mohsen Slim a, quant à elle, établi un parallèle entre l’héritage de Bachir Gemayel et celui de Lokman Slim, à partir de leur attachement au Liban et à la construction d’un État moderne, juste et transparent, capable de protéger ses citoyens.

Elle a estimé que ceux qui leur ont survécu ont la responsabilité de poursuivre le projet de l’État plutôt que de continuer à administrer des guerres sans fin.

D’autres prises de position ont convergé autour des mêmes thèmes.

Le député Michel Moawad a évoqué « un seul Liban, une seule Constitution, un seul État, une seule arme et une seule décision ».

Le député Fouad Makhzoumi a rappelé que la vision de Bachir était liée à celle d’un État capable, maître de sa décision, protégeant ses citoyens à travers ses institutions légitimes et une seule armée nationale.

Le député Michel Daher a souligné que l’État, la souveraineté et l’intérêt des Libanais devaient passer avant les projets extérieurs.

De son côté, l’ancien ministre Alain Hakim a établi un lien entre les discours de Bachir Gemayel et les exigences actuelles de la construction de l’État.

Que reste-t-il de Bachir ?

Quarante-quatre ans après sa mort, la figure de Bachir Gemayel demeure profondément controversée dans la mémoire libanaise. Tous les Libanais ne lisent ni la guerre ni son parcours de la même manière.

Mais même au cœur de la commémoration de Sassine, une tendance est apparue : déplacer le débat de la question « êtes-vous avec ou contre Bachir ? » vers une interrogation autrement plus actuelle : quel État les Libanais veulent-ils construire ?

C’est probablement là que se trouve le message principal qui s’est dégagé d’Achrafieh.

Poursuivre la marche de Bachir, telle qu’elle a été présentée par ses enfants, ses partisans et les différents intervenants, ne signifie pas conserver simplement son portrait sur les murs ni répéter ses discours chaque 14 septembre.

Le véritable test consiste à transformer les principes qu’il défendait en institutions qui fonctionnent : une seule armée, une seule décision, un État qui exerce son autorité sur l’ensemble de son territoire, une justice capable d’agir, des citoyens égaux en droits et une politique qui cesse de transformer le Liban en champ de bataille pour les conflits des autres.

C’est dans ce contexte que la phrase de Youmna Gemayel prend toute sa dimension :

« Bachir trouvera le repos lorsque son projet sera réalisé. »

Entre l’appel de Joseph Aoun à un État fort et juste, le rejet de l’assassinat politique exprimé par Nawaf Salam, l’exigence de Nadim Gemayel de passer des paroles à l’action et l’approche de Makram Rabah plaçant l’État au-dessus du fusil, la 44e commémoration peut finalement se résumer en un seul message :

Si Bachir appartient désormais à l’Histoire, l’État dont il rêvait reste encore un projet d’avenir. Le défi n’est plus de démontrer qui avait raison il y a quarante-quatre ans, mais de prouver que le Liban, après tout ce qu’il a traversé, est encore capable de devenir véritablement un État.


من ساسين إلى الدولة: 44 عاماً على اغتيال بشير الجميّل… والمسيرة التي تنتظر من يُكملها

الحدث كندا

بعد أربعة وأربعين عاماً على اغتيال الرئيس المنتخب بشير الجميّل، عادت ساحة ساسين في الأشرفية مساء الأحد 13 أيلول إلى قلب المشهد السياسي اللبناني. لم تكن المناسبة هذه السنة استعادة لصور مرحلة مضت بقدر ما تحولت، في الكلمات والمواقف التي رافقتها، إلى سؤال عن الدولة التي أرادها بشير، وعن المسافة التي لا تزال تفصل لبنان عنها.

الحشد الذي اجتمع في الأشرفية ضم عائلة الرئيس الراحل وشخصيات سياسية ووزراء ونواباً ودبلوماسيين، يتقدمهم النائب نديم الجميّل، يمنى بشير الجميّل زكّار، رئيس حزب الكتائب النائب سامي الجميّل، فيما مثّل النائب غسان حاصباني رئيس حزب القوات اللبنانية سمير جعجع. كما شارك وزراء ونواب وشخصيات من اتجاهات سياسية متعددة، إلى جانب حضور دبلوماسي وعسكري ومدني.

وفي موازاة ساسين، جاءت رسالة رئيس الجمهورية جوزاف عون لتضع الذكرى في إطار الدولة. عون استعاد بشير بوصفه رمزاً للإيمان بلبنان وسيادته وحريته، وربط مساحة الـ10452 كيلومتراً مربعاً بوحدة الأرض والشعب، مجدداً الالتزام ببناء «الدولة القوية والعادلة» القادرة على بسط سيادتها على كامل الأراضي اللبنانية وحماية قرارها المستقل وكرامة مواطنيها.

أما رئيس الحكومة نواف سلام، فاختار مدخلاً آخر للذكرى، مؤكداً أن الخلاف السياسي مهما بلغ من حدّة لا يمكن أن يبرر الاغتيال السياسي، سواء تم بالتفجير أو بكاتم الصوت. موقف سلام أعاد قضية بشير إلى قاعدة تتجاوز الخلاف حول تجربته السياسية: أن السياسة يجب أن تبقى في المؤسسات، وأن الاغتيال لا يمكن أن يكون وسيلة لتغيير السلطة أو إلغاء الخصم.

يمنى الجميّل: حرّروا بشير بتحقيق مشروعه

الكلمة الأكثر التصاقاً بالبعد العاطفي والسياسي للذكرى جاءت من يمنى بشير الجميّل زكّار. فبعد أربعة وأربعين عاماً، قالت إن مشروع والدها لم يكن مشروع شخص، وإنما مشروع وطن، ووجهت دعوتها إلى اللبنانيين لإخراج بشير من إطار الذكرى والصورة.

وكانت عبارتها الأكثر تعبيراً عن معنى الاحتفال: «بشير يرتاح عندما يتحقق مشروعه».

ودعت إلى ملء الفراغ الذي تركه، معتبرة أن لبنان لا يزال ينتظر تحقيق وعد الوطن والمواطنة والكرامة الذي حمله مشروع بشير.

نديم الجميّل: لم يعد المطلوب كلاماً… بل ماذا فعلنا؟

النائب نديم الجميّل نقل النقاش مباشرة من الذاكرة إلى الحاضر. فبالنسبة إليه، لم تعد الشعارات والكلمات الجميلة كافية، والسؤال أصبح: ماذا تحقق؟

ركز الجميّل على مسؤولية الدولة اللبنانية في فرض سلطتها وتنفيذ قراراتها، ووضع مسألة السلاح غير الشرعي في عهدتها، مؤكداً ثقته بالجيش اللبناني باعتباره المؤسسة الشرعية التي يجب أن تكون لها وحدها مرجعية السلاح والدفاع عن البلاد.

واستعاد مفهوم الـ10452 كيلومتراً مربعاً، لا كمساحة جغرافية فقط، وإنما كعنوان للحرية والكرامة والمساواة والعدالة والسيادة والاقتصاد الحر والدولة الحرة.

وفي السياسة الخارجية، شدد على أولوية المصلحة اللبنانية ورفض ربط لبنان بأي محور خارجي، كما اعتبر أن السلام، إذا كان يحقق مصلحة لبنان ويحمي أرضه وأهله، لا يعني الاستسلام.

وخلاصة كلمته أن السنوات التي مرّت منذ 1982 أعادت، في نظره، إثبات الحاجة إلى الخيار الذي رفعه بشير: دولة حقيقية، موحدة، قوية وقادرة.

سامي الجميّل… المشروع نفسه أمام امتحان التنفيذ

سامي الجميّل، الذي شارك في احتفال ساسين، لم يلقِ وفق البرنامج المنشور الكلمة المركزية في المناسبة، لكن موقف الكتائب برئاسته كان قد حدد قبل أيام معنى المشاركة في الذكرى: التمسك بلبنان الحر والسيد، وبـ«دولة قادرة» تحتكر السلاح والقرار، وتجمع اللبنانيين حول المؤسسات والشرعية بعيداً عن الحروب والوصايات والانقسامات.

وهنا يلتقي خطاب الكتائب الحالي مع سؤال طرحه سامي الجميّل في الأسابيع الأخيرة مراراً: ما قيمة القرارات المتعلقة بحصرية السلاح إذا لم تنتقل من مجلس الوزراء والبيانات الرسمية إلى التنفيذ الفعلي على الأرض؟

جعجع: الجمهورية القوية التي لم تكتمل

أما رئيس حزب القوات اللبنانية سمير جعجع، الذي مثّله في ساسين النائب غسان حاصباني، فكان قد ربط قبل نحو أسبوع بين ذكرى بشير ومسألة بناء الدولة. وفي إحياء شهداء «المقاومة اللبنانية»، استعاد بشير باعتباره مؤسس مشروع جمهورية قوية لم يُتح لها أن تكتمل بعد اغتياله، معتبراً أن الطريق اليوم يجب أن يقود إلى تحقيقها عبر الدولة والمؤسسات.

وكان نديم الجميّل، عقب لقائه جعجع في معراب قبل يومين من احتفال ساسين، قد اعتبر أن الخط الذي جمع القوات والكتائب حول مشروع بشير لا يزال يهدف، رغم الاختلافات السياسية التي مرّ بها الطرفان، إلى الوصول إلى دولة قادرة على ممارسة سيادتها وقرارها.

مكرم رباح: الوفاء ليس في تقديس بشير

ومن داخل ساسين جاءت واحدة من أكثر المقاربات اختلافاً ووضوحاً مع الباحث مكرم رباح، الذي لم يتعامل مع بشير من زاوية حزبية أو من زاوية تمجيد الماضي.

فرباح اعتبر أن الوفاء لبشير لا يكون بتحويله إلى أيقونة جامدة، وإنما بفهم مشروعه وتطويره إلى مشروع لبناني جامع. وركز على التحول من منطق القوة المسلحة إلى منطق الشرعية، مختصراً الفكرة بأن الأهم ليس البندقية، بل الدولة.

واعترف ضمناً بأن اللبنانيين لا يملكون قراءة واحدة لبشير الجميّل ولا لتاريخ الحرب، وأن لكل جماعة ذاكرتها وآلامها. لكن اختلاف الذاكرة، في رأيه، لا يمنع الاتفاق على المستقبل: لا جيشان، ولا قراران للحرب والسلم، ولا حزب فوق الدولة، والجيش اللبناني وحده القوة العسكرية الشرعية، والدولة وحدها صاحبة قرار الحرب والسلام.

ومن هنا جاء سؤاله الأهم: بدلاً من أن نسأل ماذا كان سيفعل بشير لو كان بيننا، علينا أن نسأل ماذا سنفعل نحن اليوم؟

من صالح المشنوق إلى رشا محسن سليم

صالح المشنوق ذهب في الاتجاه نفسه من زاوية السيادة، معتبراً أن سيادة لبنان لا تتجزأ، وأن «لبنان أولاً» يجب أن يعني أن اللبناني لا يخوض حروب الآخرين على أرضه، وأن قرار الحرب والسلم يعود للدولة.

أما رشا محسن سليم، فجمعت في كلمتها بين إرث بشير الجميّل ولقمان سليم من زاوية الولاء للبنان وبناء دولة حديثة عادلة وشفافة تحمي مواطنيها، معتبرة أن من بقي بعدهما تقع عليه مسؤولية استكمال مشروع الدولة لا إدارة حروب لا تنتهي.

وتقاطعت مع هذه العناوين مواقف أخرى صدرت في الذكرى. النائب ميشال معوض تحدث عن «لبنان واحد، دستور واحد، دولة واحدة، سلاح واحد وقرار واحد»، فيما رأى النائب فؤاد مخزومي أن رؤية بشير ارتبطت بدولة قادرة تملك قرارها وتحمي مواطنيها بواسطة مؤسساتها الشرعية وجيش وطني واحد. واعتبر النائب ميشال ضاهر أن الدولة والسيادة ومصلحة اللبنانيين يجب أن تكون فوق المشاريع الخارجية، بينما ربط الوزير السابق ألان حكيم بين خطابات بشير ومتطلبات بناء الدولة في المرحلة الحالية.

ما الذي بقي من بشير؟

بعد أربعة وأربعين عاماً، لا تزال شخصية بشير الجميّل موضع اختلاف عميق في الذاكرة اللبنانية، ولا يقرأ جميع اللبنانيين الحرب وتجربته بالطريقة نفسها. لكن حتى داخل احتفال ساسين برز اتجاه إلى نقل النقاش من سؤال «مع بشير أم ضده؟» إلى سؤال أكثر ارتباطاً بالحاضر: أي دولة يريد اللبنانيون؟

وفي هذا تحديداً يمكن قراءة الرسالة التي خرجت من الأشرفية.

إكمال مسيرة بشير، كما قدمها أبناؤه وأنصاره والمتحدثون في الذكرى، لا يكون بإبقاء صورته معلقة على الجدران ولا بتكرار خطاباته كل 14 أيلول. الامتحان الحقيقي هو تحويل العناوين التي حملها إلى مؤسسات تعمل: جيش واحد، قرار واحد، دولة تبسط سلطتها على كامل أراضيها، قضاء قادر، مواطنون متساوون، وسياسة لا تجعل لبنان ساحة لحروب الآخرين.

من هنا اكتسبت عبارة يمنى الجميّل معناها الأوسع: «بشير يرتاح عندما يتحقق مشروعه».

وبين موقف جوزاف عون عن الدولة القوية والعادلة، وتشديد نواف سلام على رفض الاغتيال السياسي، ودعوة نديم إلى الانتقال من الكلام إلى التنفيذ، ومقاربة مكرم رباح التي تضع الدولة فوق البندقية، يمكن اختصار الذكرى الرابعة والأربعين برسالة واحدة:

إذا كان بشير قد تحول إلى جزء من التاريخ، فإن الدولة التي حلم بها ما زالت مشروعاً للمستقبل. والمعركة لم تعد لإثبات من كان على حق قبل أربعة وأربعين عاماً، وإنما لإثبات أن لبنان قادر، بعد كل ما مرّ به، على أن يصبح دولة بالفعل.

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