المتفجرات في ضهر البيدر… والأزمة في السراي الحكومي!

Last Updated: أكتوبر 30, 2026Categories: أخبار لبنان

الحدث-كندا

رؤوف نجم 

قد تكون متفجرات ضهر البيدر قد ضُبطت، لكن مفاعيلها السياسية وصلت إلى قلب السراي الحكومي. فالحكومة التي يفترض أن تحسم في أخطر القضايا الأمنية تجد نفسها عاجزة عن الاتفاق حتى على إحالة الملف إلى المجلس العدلي. والأسوأ أن الخلاف بدأ يتحول إلى أزمة ثقة داخل مجلس الوزراء نفسه.

مقاطعة وزراء «القوات اللبنانية» جلسة الحكومة تكشف حجم التصدع في السلطة التنفيذية. فكيف يمكن لحكومة تعهّدت استعادة هيبة الدولة وحصرية السلاح أن تتعثر عند أول امتحان جدي يتعلق بمتفجرات نُقلت على الأراضي اللبنانية؟ وأي معنى يبقى لهذه التعهدات إذا أصبحت القرارات الأمنية رهينة حسابات التوازنات السياسية؟

رئيس الحكومة نواف سلام مطالب بتفسير واضح. ما الذي يمنع طرح الإحالة على مجلس الوزراء؟ وهل يحتاج الأمر إلى مزيد من التحقيقات، أم إلى توافق سياسي يصعب تحقيقه؟ فالتحقيق القضائي له أصوله واستقلاليته، أما مسؤولية اتخاذ القرار الحكومي فلا يجوز أن تضيع في متاهة الانتظار.

وفي المقابل، فإن «القوات اللبنانية» التي اختارت المقاطعة مطالبة أيضاً بتوضيح حدود اعتراضها. فالانسحاب من الجلسات يرفع الصوت، لكنه لا يحسم القرار. وإذا تحولت كل قضية خلافية إلى مقاطعة وزارية، فلن يبقى من التضامن الحكومي سوى اسمه.

المقلق في هذه الأزمة هو ما تكشفه عن طبيعة الحكم في لبنان. تستطيع الحكومة مناقشة الكهرباء والنفايات والتعيينات والموازنات، لكنها تصطدم بحائط سياسي كلما اقتربت من قضية تتصل بالسلاح أو بمراكز النفوذ. وكأن هناك سقفاً غير معلن لما يُسمح لها بمناقشته، وسقفاً آخر لما تستطيع أن تقرره.

وهنا مكمن الخطر الحقيقي. فاللبنانيون الذين عُلّقت آمالهم على العهد الجديد وحكومة نواف سلام انتظروا تغييراً في طريقة ممارسة السلطة، وخصوصاً في الملفات التي ظلت لسنوات أسيرة المحاصصة والتسويات. أما العودة إلى التعطيل والمقاطعة وتأجيل القرارات الحساسة، فتعني أن الأزمة القديمة ما زالت تتحكم بمفاصل الحكم.

لا يجوز أن تتحول قضية المتفجرات إلى مجرد مادة للمزايدات بين الوزراء. هناك شحنة ضُبطت، وتحقيقات جارية، وأسئلة مشروعة حول مصدر المتفجرات ووجهتها والجهة التي اتخذت قرار نقلها. وعلى القضاء أن يحدد المسؤوليات، فيما تقع على الحكومة مسؤولية اتخاذ موقف مؤسساتي واضح من مسار القضية.

أما نواف سلام، الذي جاء إلى رئاسة الحكومة محمولاً على وعود الإصلاح وبناء الدولة، فيواجه اليوم سؤالاً يصعب تجاوزه: هل يستطيع فرض منطق المؤسسات على الخلافات السياسية، أم سيجد نفسه يدير التناقضات نفسها التي شلّت الحكومات السابقة؟

لقد وصلت المتفجرات إلى قبضة الأجهزة الأمنية، لكن الأزمة وصلت إلى طاولة مجلس الوزراء. وإذا كان ضبط الشحنة قد نجح، فإن امتحان الحكومة الحقيقي يبدأ الآن: من يملك قرار الدولة، ومن يملك القدرة على تعطيله؟

فالحكومات لا تفقد ثقة الناس في يوم سقوطها، وإنما تبدأ بفقدانها يوم تعجز عن اتخاذ قرار تعرف أنه من صميم مسؤولياتها.

Les explosifs à Dahr el-Baïdar… la crise au Grand Sérail !

Raouf Najm – AlHadath Canada

Les explosifs découverts à Dahr el-Baïdar ont beau avoir été saisis, leur déflagration politique a atteint le cœur du Grand Sérail. Le gouvernement, censé trancher les dossiers les plus sensibles touchant à la sécurité nationale, se révèle incapable de s’entendre sur le simple renvoi de cette affaire devant la Cour de justice. Plus grave encore, ce désaccord menace désormais la confiance au sein même du Conseil des ministres.

Le boycottage de la séance gouvernementale par les ministres des Forces libanaises met en lumière les profondes fissures qui traversent l’exécutif. Comment un gouvernement qui s’est engagé à restaurer l’autorité de l’État et à garantir son monopole sur les armes peut-il trébucher dès qu’il se trouve confronté à une affaire aussi grave que le transport d’explosifs sur le territoire libanais ? Et que valent ces engagements si les décisions touchant à la sécurité nationale demeurent prisonnières des calculs et des équilibres politiques?

Le Premier ministre Nawaf Salam doit fournir des explications claires. Qu’est-ce qui empêche de soumettre la question du renvoi devant la Cour de justice au Conseil des ministres? Faut-il réellement attendre de nouvelles avancées dans l’enquête, ou cherche-t-on un consensus politique qui tarde à se dessiner ? La justice doit suivre son cours, dans le respect de ses procédures et de son indépendance. Mais la responsabilité politique de décider ne saurait se perdre dans les méandres de l’attentisme.

De leur côté, les Forces libanaises, qui ont choisi la politique de la chaise vide, doivent également préciser jusqu’où elles entendent pousser leur contestation. Boycotter une réunion permet de faire entendre sa voix, mais ne règle rien. Si chaque différend politique devait désormais se traduire par une absence ministérielle, la solidarité gouvernementale ne serait bientôt plus qu’une formule de circonstance.

Ce qui inquiète dans cette crise, c’est surtout ce qu’elle révèle du fonctionnement du pouvoir au Liban. Le gouvernement peut débattre d’électricité, de gestion des déchets, de nominations ou de budgets. Mais dès qu’il aborde une question touchant aux armes ou aux centres d’influence, il se heurte à un mur politique. Comme s’il existait une limite tacite à ce qu’il lui est permis de discuter, et une autre, plus étroite encore, à ce qu’il peut réellement décider.

C’est précisément là que réside le véritable danger. Les Libanais qui avaient placé leurs espoirs dans le nouveau mandat présidentiel et dans le gouvernement de Nawaf Salam attendaient une autre manière de gouverner, notamment sur les dossiers longtemps sacrifiés aux arrangements politiques et aux compromis entre factions. Or, le retour des blocages, des boycotts et du report des décisions sensibles laisse craindre que les vieilles pratiques continuent de dicter leur loi au sommet de l’État.

L’affaire des explosifs ne doit pas devenir un prétexte à de nouvelles surenchères ministérielles. Une cargaison a été saisie, une enquête est en cours, et des questions légitimes demeurent quant à l’origine des explosifs, à leur destination et à l’identité de ceux qui ont ordonné leur transport. Il appartient à la justice d’établir les responsabilités. Au gouvernement, en revanche, revient le devoir d’adopter une position institutionnelle claire sur le traitement de cette affaire.

Quant à Nawaf Salam, arrivé à la tête du gouvernement avec la promesse de réformer les institutions et de reconstruire l’État, il se trouve aujourd’hui face à une interrogation qu’il ne pourra esquiver : saura-t-il faire prévaloir la logique institutionnelle sur les rivalités politiques, ou finira-t-il par gérer les mêmes contradictions qui ont paralysé les gouvernements précédents ?

Les explosifs sont désormais entre les mains des services de sécurité, mais la crise, elle, s’est invitée à la table du Conseil des ministres. Si la saisie de la cargaison constitue un succès, le véritable test du gouvernement commence maintenant : qui détient réellement le pouvoir de décision au Liban, et qui conserve celui de le paralyser ?

Car un gouvernement ne commence pas à perdre la confiance des citoyens le jour où il tombe. Il commence à la perdre le jour où il se montre incapable de prendre une décision qui relève pourtant pleinement de ses responsabilités.

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